Charlotte Pons Sophrologue · Montpellier
Stress & anxiété Article

Sophrologie et dépression : un complément aux soins

La dépression se soigne avec un médecin ou un psychologue. Ce que la sophrologie peut apporter à côté, avec l’accord du soignant, et quand appeler le 3114.

Charlotte Pons, sophrologue à Prades-le-Lez, en extérieur devant un feuillage

Par Charlotte Pons · Publié le · 9 min de lecture

Vous traversez peut-être une période où tout pèse, ou vous vous inquiétez pour quelqu’un, et vous vous demandez si la sophrologie peut aider face à la dépression. Avant d’aller plus loin, je veux poser les choses clairement. La dépression est une maladie. Elle se diagnostique et se soigne avec un médecin, un psychiatre ou un psychologue. La sophrologie ne pose aucun diagnostic, ne soigne pas la dépression et ne remplace ni un suivi ni un traitement. Elle peut en revanche trouver une place à côté du soin, avec l’accord de la personne qui vous suit. Cet article dit laquelle, et où elle s’arrête.

Si vous avez des idées noires, maintenant

Si vous pensez à mourir, si vous avez peur de passer à l’acte, ou si la vie vous semble ne plus valoir la peine, ce n’est pas le moment de faire un exercice de respiration : c’est le moment d’appeler.

  • Le 3114, numéro national de prévention du suicide : gratuit, joignable 24 h/24 et 7 j/7, partout en France. Un professionnel du soin formé à la prévention du suicide vous répond. Vous pouvez aussi l’appeler si vous vous inquiétez pour un proche.
  • Le 15 ou le 112 en cas de danger immédiat, pour vous ou pour quelqu’un d’autre.
  • Votre médecin traitant, le plus tôt possible, dès que vous vous reconnaissez dans les signes décrits plus bas, même sans idées noires.

Et si vous le pouvez, ne restez pas seul : prévenez quelqu’un, restez près d’une personne de confiance le temps que l’aide arrive.

Dépression : de quoi parle-t-on ?

La dépression n’est pas un coup de blues, ni un manque de volonté. On parle d’épisode dépressif quand plusieurs signes s’installent presque tous les jours, depuis au moins deux semaines, et pèsent sur la vie de tous les jours : une tristesse ou un vide constant, une perte d’intérêt et de plaisir pour ce qui comptait, une fatigue que le repos ne répare pas, un sommeil bouleversé, un appétit qui change, des difficultés à se concentrer, un sentiment de dévalorisation ou de culpabilité, un avenir qui paraît bouché, parfois des idées de mort.

C’est un médecin qui fait le diagnostic et évalue la sévérité — pas un questionnaire en ligne, et pas moi. La bonne nouvelle, c’est que la dépression se soigne : psychothérapie, parfois traitement, selon ce que le médecin juge adapté.

Pour commencer, plusieurs portes existent. Le médecin traitant est la plus simple. Le dispositif Mon soutien psy permet de consulter un psychologue partenaire sans ordonnance, avec des séances remboursées. Les centres médico-psychologiques proposent aussi des consultations prises en charge. Après une naissance, la dépression post-partum a ses propres repères, que j’évoque dans l’article sur le post-partum.

Angoisse et dépression, souvent ensemble

Angoisse et dépression vont souvent de pair : la boule au ventre au réveil, le cœur qui s’emballe sans raison, des réveils vers 4 h avec l’angoisse déjà là, parfois des crises qui montent en quelques minutes. Ce tableau mêlé mérite une évaluation médicale d’ensemble, justement parce qu’il ne se résume ni à l’un ni à l’autre.

Une fois ce suivi en place, les outils de la sophrologie pour l’anxiété peuvent être utiles en complément. Je ne les reprends pas ici : ils sont détaillés dans l’article sur l’anxiété, et les gestes pour traverser une crise dans celui sur la crise d’angoisse.

Ce que la sophrologie peut apporter, à côté du soin

Deux conditions d’abord : un suivi médical ou psychologique en cours, et l’accord de la personne qui vous suit. Ce n’est pas une formalité. Selon le moment de la maladie, votre soignant peut juger qu’il est trop tôt, ou au contraire que ce travail tombe bien. Dans ce cadre, la sophrologie agit sur quatre terrains modestes, et je préfère les nommer tels qu’ils sont.

Le sommeil. La dépression l’abîme presque toujours : endormissement difficile, réveils très tôt le matin, ou au contraire des heures au lit sans se sentir reposé. Des exercices courts au coucher ou pendant un réveil aident le corps à redescendre, sans prétendre traiter l’insomnie. Les outils de nuit sont détaillés dans l’article sur les réveils nocturnes.

La tension du corps. Épaules remontées, mâchoire serrée, poitrine lourde, respiration courte : le corps porte une partie de ce qui se passe. Des mouvements très doux associés à la respiration, la relaxation dynamique, peuvent relâcher un peu cette tenue permanente.

Un lien plus doux avec le corps. Pendant une dépression, le corps devient souvent lourd, lointain, comme éteint. La sophrologie passe par les sensations les plus simples — les pieds au sol, la chaleur d’une main, le poids du corps sur le matelas — sans rien exiger d’autre que de les remarquer.

De petites sensations agréables. Pas de la pensée positive : personne ne vous demandera de voir la vie en rose. Il s’agit de remarquer, parfois, une toute petite chose qui fait un peu de bien — le soleil sur les bras, une boisson chaude entre les mains. La nuance entre les deux est expliquée dans l’article sur la visualisation positive.

Ce qu’elle ne fait pas

La sophrologie ne soigne pas une dépression. Elle ne remplace ni la psychothérapie, ni le médecin, ni un traitement, et elle ne s’en approche pas.

Elle ne touche jamais au traitement. Je ne donne aucun avis sur un antidépresseur : le réduire ou l’arrêter se décide avec le prescripteur, et avec lui seul, même si les exercices vous font du bien.

Elle n’est pas une méthode de volonté. Si un exercice ne donne rien, ce n’est pas que vous « n’y arrivez pas » : c’est que le moment n’est peut-être pas le bon, ou que l’exercice ne vous convient pas.

Elle n’explore pas votre histoire. Ce travail en profondeur appartient au psychologue ou au psychiatre ; la différence entre nos métiers est détaillée dans sophrologue ou psychologue.

Enfin, elle ne convient pas à tous les moments. Dans une phase aiguë ou une dépression sévère, la priorité est au soin, et c’est votre soignant qui dit quand la sophrologie peut venir s’ajouter.

Trois exercices très doux, avec l’accord de votre soignant

Ces exercices durent une à trois minutes. Ils ne visent aucun résultat : pas de « réussir », pas de « se sentir mieux » obligatoire. Si l’un d’eux fait remonter une tristesse plus forte ou vous met mal à l’aise, arrêtez, ouvrez les yeux, et parlez-en à votre soignant — et à moi si nous travaillons ensemble.

1. Les trois appuis (1 à 2 minutes)

  1. Assis ou allongé, les yeux ouverts ou fermés, comme vous préférez.
  2. Portez l’attention sur trois points de contact : les pieds sur le sol ou le talon sur le matelas, le poids du bassin, le dos soutenu.
  3. Nommez-les intérieurement, un par un, sans chercher à les changer.
  4. Laissez passer trois respirations, sans les modifier.
  5. Arrêtez là. C’est tout l’exercice.

Il ne demande rien d’autre que d’être là, dans le corps, quelques secondes. C’est souvent le seul qui reste accessible les jours très lourds.

2. La main tiède (2 minutes)

  1. Allongé ou assis, posez une main à plat sur le haut de la poitrine ou sur le ventre.
  2. Sentez simplement la chaleur de la main, et le léger mouvement de la respiration dessous.
  3. Laissez l’expiration s’allonger un tout petit peu, sans forcer, comme un soupir tranquille.
  4. Restez cinq à dix respirations, puis retirez la main doucement.

Si porter l’attention sur le souffle vous agite, gardez les yeux ouverts et revenez seulement à la chaleur de la main.

3. Une sensation agréable par jour (1 minute)

  1. Une fois dans la journée, remarquez une petite sensation plaisante, même minuscule : l’eau chaude de la douche, un café tiède, un drap frais, un rayon de soleil.
  2. Restez avec elle le temps de trois respirations, sans rien en conclure.
  3. Si rien ne vient, c’est une réponse aussi, et ce n’est pas un échec. On réessaie demain.

La perte de plaisir fait partie de la maladie. Cet exercice ne la combat pas : il laisse une petite porte ouverte.

Ce que je fais si je repère des signes en séance

Dès le premier échange, je vous demande si un suivi médical ou psychologique est en place. Si vous me décrivez des signes de dépression sans aucun suivi, je vous le dis simplement et je vous oriente vers votre médecin traitant avant de commencer quoi que ce soit.

Il arrive aussi qu’une personne vienne pour du stress ou du sommeil, et que d’autres signes apparaissent au fil des séances : une tristesse qui s’installe, un intérêt qui s’éteint, des mots sur la mort. Je le nomme, avec douceur, et je vous encourage à consulter rapidement. Si des idées suicidaires s’expriment, je n’attends pas la séance suivante : je vous donne le 3114, je vous encourage à appeler, et en cas de danger immédiat, c’est le 15.

Orienter ne veut pas dire arrêter. Une fois le suivi engagé, et si votre soignant est d’accord, nous pouvons reprendre, en complément. Je vous encourage à parler de notre travail à la personne qui vous suit : chacun ajuste mieux le sien en sachant ce qui se fait à côté.

Comment se passe un accompagnement dans ce contexte

Le déroulé reste celui d’une séance classique : un temps d’échange, une relaxation dynamique, une sophronisation guidée par la voix, puis un temps de partage et un exercice court à refaire chez vous. Ce qui change, c’est le dosage : des mouvements très doux, possibles assis, une sophronisation centrée sur des sensations simples plutôt que sur des projets d’avenir, et des exercices de deux ou trois minutes.

Le rythme suit celui du soin et de votre énergie, pas un nombre de séances fixé d’avance ; les repères généraux sont dans l’article sur le nombre de séances. Les séances se règlent une par une, au cabinet de Prades-le-Lez ou en visio — ce qui aide quand sortir coûte beaucoup. Les tarifs sont sur la page séances et tarifs. Et si l’épuisement vient surtout du travail, l’article sur la sophrologie et le burn-out complète celui-ci.

Si vous êtes suivi pour une dépression et que vous vous demandez si la sophrologie peut trouver sa place à côté, parlons-en : je propose un premier échange gratuit de 15 minutes, sans engagement, pour faire le point avec vous — et, si ce n’est pas le bon moment, vous le dire simplement.

Questions fréquentes

La sophrologie peut-elle soigner une dépression ?

Non. La dépression se soigne avec un médecin, un psychiatre ou un psychologue, parfois avec un traitement. Je peux vous accompagner à côté de ce suivi, sur le sommeil, les tensions ou le rapport au corps, mais jamais à sa place.

Peut-on faire de la sophrologie sous antidépresseurs ?

Oui, les exercices sont compatibles avec un traitement. Je ne donne jamais d’avis sur la médication : la diminuer ou l’arrêter se décide avec le médecin qui l’a prescrite, et avec lui seul. Je vous demande simplement de lui parler de notre accompagnement.

Que faire si j’ai des idées noires ?

Je vous le dis sans détour : appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide. Il est gratuit, joignable 24 h/24 et 7 j/7, et un professionnel du soin formé vous répondra. En cas de danger immédiat, composez le 15 ou le 112 ; vous pouvez aussi appeler le 3114 si vous vous inquiétez pour un proche.

Et si je n’ai pas l’énergie de faire les exercices ?

C’est fréquent pendant une dépression, et ce n’est pas un échec. Je propose des exercices de deux ou trois minutes, parfois allongé, et un jour sans pratique ne compte pas contre vous. S’il n’y a vraiment de place pour rien, on attend : le soin passe d’abord.

Envie d'aller plus loin ?

Un premier échange de 15 minutes, gratuit et sans engagement, pour voir si la sophrologie peut vous aider dans votre situation.