Charlotte Pons Sophrologue · Montpellier
Confiance & examens Article

Sophrologie et sport : avant, pendant et après l’effort

Trail, course, tennis ou compétition de club : comment la sophrologie aide les sportifs amateurs avant, pendant et après l’effort, et après une blessure.

Charlotte Pons, sophrologue à Prades-le-Lez, souriante en extérieur devant des conifères

Par Charlotte Pons · Publié le · 8 min de lecture

On associe volontiers la sophrologie au sport de haut niveau : un champion olympique, les yeux fermés, avant une finale. Pourtant, la plupart des sportifs que la méthode peut aider ne passeront jamais à la télévision : le coureur qui prépare son premier semi-marathon, la traileuse qui a le ventre noué sur la ligne de départ, le joueur de tennis de club qui s’effondre après une double faute. Cet article s’adresse à eux : ce que la sophrologie apporte avant, pendant et après l’effort, après une blessure, et ce qu’elle ne remplace pas.

Ce que la sophrologie apporte à un sportif amateur

Un sportif amateur entraîne son corps avec sérieux : sorties longues, fractionné, séances au club. La tête, elle, s’entraîne rarement. Or c’est souvent elle qui lâche en premier le jour J : jambes coupées par le trac, départ trop rapide sous l’effet de l’excitation, match qui bascule sur une erreur.

La sophrologie agit sur trois leviers, les mêmes qu’en séance classique, adaptés à un corps en effort.

La respiration, pour réguler l’activation avant le départ et retrouver un rythme quand elle s’emballe.

Le relâchement, parce qu’une tension inutile — épaules qui remontent en courant, mâchoire serrée, poignet crispé sur la raquette — coûte de l’énergie et abîme le geste.

La visualisation, parce que se représenter une situation mobilise en partie les mêmes circuits que la vivre. C’est le principe qu’utilisent depuis longtemps les sportifs de haut niveau, et il est tout aussi accessible à un amateur ; je l’explique dans l’article sur la visualisation positive.

Aucune promesse de chrono, en revanche : la sophrologie ne vous fera pas courir plus vite que votre entraînement ne le permet. Elle aide à accéder, le jour venu, à ce que vous avez construit.

Avant : visualiser le parcours, apprivoiser le trac

Le trac d’avant-course fonctionne comme celui d’un examen : ce n’est pas un défaut, c’est le corps qui se mobilise, et le but n’est pas de le supprimer mais d’éviter qu’il prenne toute la place. Je décris ses différentes formes dans l’article sur la préparation aux examens ; elles valent aussi sur une ligne de départ.

Ce qui est propre au sport, c’est la possibilité de répéter mentalement l’épreuve elle-même, avec ses sensations. Si vous préparez un trail autour du Pic Saint-Loup, vous pouvez visualiser la montée caillouteuse dans la garrigue, le souffle court, l’odeur de thym, le passage où l’on marche dans la pente, puis la relance au sommet. Pour une course le long du Lez, le bruit de l’eau, le rythme des foulées sur la berge, le dernier kilomètre. Et pour un match, l’échauffement, le premier jeu de service, le changement de côté.

Un point compte plus que les autres : visualiser aussi le coup dur. Le kilomètre où tout devient lourd, le point perdu bêtement, la crampe qui menace. Pas pour se faire peur, mais pour répéter la façon de le traverser. Un scénario idéal, sans accroc, prépare mal à la réalité d’une course.

La veille, une nuit agitée est très fréquente. S’en inquiéter coûte souvent plus que la nuit elle-même. Le matin, un rituel court avant le départ — pieds bien posés, trois expirations longues, épaules relâchées, un mot-repère choisi à l’avance — suffit à passer de l’agitation à la disponibilité.

Visualiser le parcours (10 minutes)

  1. Assis ou allongé, au calme, quelques jours par semaine pendant la préparation.
  2. Relâchez les épaules et la mâchoire, puis laissez passer cinq respirations où l’expiration s’allonge un peu.
  3. Représentez-vous le départ : la foule ou le calme, la température, vos jambes, votre respiration.
  4. Déroulez l’épreuve par séquences — le début, un passage clé, le coup dur, la fin — en convoquant les sensations plutôt que les images : les appuis, le souffle, les sons.
  5. Au moment du coup dur, voyez-vous respirer, relâcher les épaules, raccourcir la foulée ou jouer le point suivant.
  6. Terminez par l’arrivée, puis revenez doucement : bougez les mains, ouvrez les yeux.

Pendant : respirer et revenir au jeu après une erreur

Pendant l’effort, il ne s’agit pas de respirer lentement en pleine côte : ce serait absurde. L’expiration sert plutôt à relâcher ce qui se crispe inutilement, les épaules, les mains, le visage. Sur un temps plus calme — une descente, un faux plat, un changement de côté au tennis —, deux ou trois expirations longues permettent de faire redescendre l’activation d’un cran.

Le vrai moment clé, c’est l’erreur. Une double faute, une mauvaise trajectoire, un kilomètre raté : le mental part aussitôt en boucle (« c’est fichu », « je suis nul aujourd’hui ») et l’on joue les points suivants avec l’erreur précédente encore en tête. Au tennis, les secondes entre deux points sont une ressource précieuse, à condition de s’en servir.

Le recentrage après une erreur (15 secondes)

  1. Faites un geste-repère, toujours le même, appris et répété à l’entraînement : toucher le cordage, ajuster la montre, serrer brièvement le poing.
  2. Expirez longuement une fois, en laissant tomber les épaules.
  3. Dites-vous un seul mot d’action, choisi à l’avance : « appuis », « relâche », « point suivant ».
  4. Repartez sur ce mot, sans revenir sur l’erreur.

Ce geste ne fonctionne en compétition que s’il a été répété à l’entraînement, sur de petites erreurs sans enjeu. C’est la répétition qui en fait un réflexe.

Après : récupérer et dormir

La nuit qui suit une course est souvent courte : l’excitation qui ne retombe pas, les courbatures, la course qu’on rejoue. La sophrologie ne remplace ni l’hydratation, ni l’alimentation, ni les conseils de votre entraîneur, mais elle aide le corps à passer du mode effort au mode récupération.

Le relâchement d’après-course (8 minutes)

  1. Allongez-vous sur le dos, les jambes étendues ou posées sur un coussin.
  2. Parcourez les jambes, des pieds aux hanches : sur chaque zone, sentez-la à l’inspiration, laissez-la s’alourdir à l’expiration.
  3. Remontez vers le ventre, les épaules, la nuque, le visage.
  4. Terminez en sentant le corps entier, lourd et chaud, posé sur le support.

Au coucher, les exercices de l’article sur le sommeil prennent le relais. Côté mental, un bilan court et posé, le lendemain, vaut mieux que de rejouer la course en boucle : ce qui a fonctionné, une seule chose à ajuster. Si l’erreur tourne encore des jours plus tard, le mécanisme est celui des ruminations mentales.

Blessure et retour au sport

Une blessure se soigne avec un médecin et, souvent, un kinésithérapeute : la sophrologie vient en complément, jamais à leur place, et jamais pour reprendre avant le feu vert médical.

Elle a pourtant une vraie place pendant l’arrêt. Pour beaucoup d’amateurs, le sport est leur façon de décharger le stress ; en être privé, c’est perdre une soupape, et le sommeil ou l’humeur s’en ressentent. La respiration et le relâchement offrent une autre façon de redescendre en attendant. La visualisation permet aussi d’entretenir le lien avec le geste : se représenter une foulée souple, un service fluide.

Au retour, la difficulté est souvent moins la blessure que l’appréhension : la peur de se refaire mal, qui crispe le geste. On visualise alors la première sortie, la première descente, le premier match, dans un état de calme, pour que le corps retrouve progressivement confiance. Et quand la confiance en soi vacille plus largement, l’article sur la confiance en soi prolonge celui-ci.

Sophrologue ou préparateur mental ?

La question revient souvent, et les deux ne font pas le même travail. Le préparateur mental s’attache à la performance au sens large : fixer des objectifs, construire des routines de match, travailler la concentration, analyser les compétitions, souvent en lien avec l’entraîneur ou le club. Certains sont psychologues du sport.

La sophrologie est une méthode psychocorporelle. Je transmets des outils de respiration, de relâchement et de visualisation, centrés sur la gestion du stress, le recentrage, la récupération et le sommeil. Je ne fais ni analyse de jeu ni planification d’entraînement, et je ne me présente pas comme préparatrice mentale. Les deux approches peuvent se compléter, et si vous évoluez dans une structure qui propose un préparateur, mieux vaut l’en informer.

Comment se passe un accompagnement

Pour un objectif daté, trois à cinq séances suffisent souvent, idéalement commencées quatre à six semaines avant l’épreuve ; les repères sont dans l’article sur le nombre de séances. La première séance, de deux heures, sert à comprendre ce qui se passe pour vous le jour J ; les suivantes, d’une heure, à construire vos outils. Le travail le plus important se fait ensuite à l’entraînement : c’est là que les exercices deviennent des réflexes.

Je reçois au cabinet de Prades-le-Lez, au nord de Montpellier, ou en visio ; les tarifs sont sur la page séances et tarifs. Pour un adolescent qui prépare une compétition, les séances s’adaptent à son âge, comme je l’explique sur la page enfants et adolescents.

Vous préparez une course, un trail ou un tournoi, ou vous revenez d’une blessure ? Le plus simple est d’en parler : je propose un premier échange gratuit de 15 minutes, sans engagement, pour voir ce qui pourrait vous aider d’ici l’échéance.

Questions fréquentes

Faut-il être sportif de haut niveau pour faire de la sophrologie sportive ?

Non. Je m’adresse surtout aux sportifs amateurs : une première course, un trail, un tournoi de club, une compétition préparée depuis des mois. Le trac, la peur de mal faire et les nuits agitées ne dépendent pas du niveau.

Quelle différence entre un sophrologue et un préparateur mental ?

Le préparateur mental travaille la performance au sens large — objectifs, routines, analyse des matchs — souvent en lien avec l’entraîneur. Je transmets des outils de sophrologie : respiration, relâchement, visualisation, pour gérer le stress, se recentrer et récupérer. Les deux peuvent se compléter, et je ne me présente pas comme préparatrice mentale.

Combien de temps avant une compétition faut-il commencer ?

Idéalement quatre à six semaines avant, pour avoir le temps de répéter les exercices à l’entraînement : un outil découvert la veille tient rarement le jour de la course. Trois à cinq séances suffisent souvent pour un objectif daté.

La sophrologie peut-elle aider après une blessure ?

Oui, en complément du suivi médical et de la rééducation, jamais à leur place. Je travaille surtout la patience pendant l’arrêt, le vécu de la douleur et l’appréhension du retour, cette peur de se refaire mal qui freine parfois plus que la blessure elle-même.

Envie d'aller plus loin ?

Un premier échange de 15 minutes, gratuit et sans engagement, pour voir si la sophrologie peut vous aider dans votre situation.