Charlotte Pons Sophrologue · Montpellier
Exercices & outils Exercice guidé

8 exercices de sophrologie simples, classés par besoin

Stress, anxiété, sommeil, tensions, concentration, confiance : 8 exercices de sophrologie courts, expliqués pas à pas, et comment pratiquer chez soi.

Charlotte Pons, sophrologue à Prades-le-Lez, installée sur son canapé devant son ordinateur pour une séance en visio

Par Charlotte Pons · Publié le · 11 min de lecture

Vous cherchez des exercices de sophrologie à faire chez vous, sans savoir par où commencer ? Voici huit exercices courts, classés par besoin — stress, anxiété, sommeil, tensions, concentration, confiance, énergie du matin, récupération. Chacun tient en quelques minutes, avec une position, une durée et des étapes. Pour chaque thème, je renvoie vers l’article qui l’approfondit, plutôt que de tout répéter ici.

Un mot avant de commencer : la sophrologie est une méthode de bien-être. Elle ne pose pas de diagnostic, ne soigne pas et ne remplace ni un médecin ni un psychologue ; elle vient en complément. Si une douleur, une insomnie ou une détresse vous inquiète, un avis médical passe d’abord.

Avant de commencer : trois repères

Choisissez un seul exercice. Celui qui correspond à ce qui vous pèse le plus aujourd’hui. Gardez-le deux ou trois semaines avant d’en ajouter un autre : trois nouvelles habitudes lancées le même jour ne tiennent presque jamais.

Ne forcez rien. On respire amplement, jamais puissamment. Si un vertige, une gêne ou une douleur apparaît, arrêtez et revenez à votre respiration naturelle. En cas de pathologie cardiaque ou respiratoire, demandez l’avis de votre médecin avant les exercices avec rétention d’air.

Observez, ne jugez pas. Après chaque exercice, prenez quelques secondes pour remarquer ce que vous sentez : chaleur, lourdeur, picotements, ou rien de particulier. Tout est valable. Ce temps d’observation fait partie de l’exercice, c’est même ce qui distingue la sophrologie d’une simple gymnastique.

Apaiser le stress et l’anxiété

1. Stress : le souffle qui chasse les tensions

Position : debout, pieds écartés de la largeur du bassin, genoux souples. Durée : 2 minutes.

  1. Posez les deux mains à plat sur le ventre et videz l’air par la bouche.
  2. Inspirez par le nez en pensant à tout ce qui s’est accumulé depuis ce matin — une remarque, une urgence, une file d’attente.
  3. Retenez l’air deux ou trois secondes, sans crispation.
  4. Soufflez fort par la bouche en poussant les mains devant vous, paumes ouvertes, comme si vous repoussiez ce poids hors de vous.
  5. Laissez retomber les bras. Recommencez trois fois, puis restez immobile trente secondes, les yeux fermés, à observer le corps.

Les sophrologues appellent cet exercice le « déplacement du négatif » : le nom est technique, le geste très simple. Pour des respirations plus discrètes, à faire assis au milieu des autres, voyez les trois respirations anti-stress et la routine de cinq minutes au bureau. Le stress professionnel a aussi son article.

2. Anxiété : situer la sensation et respirer autour

Position : assis, pieds à plat, dos soutenu. Durée : 3 à 5 minutes.

  1. Expirez une fois lentement, et laissez les épaules descendre.
  2. Cherchez où l’anxiété se loge dans votre corps : la gorge, la poitrine, le ventre. Posez une main dessus si cela vous aide.
  3. Décrivez-la intérieurement, comme un observateur curieux : sa taille, son poids, sa température, sa forme, si elle bouge. « C’est serré, grand comme un poing, un peu chaud. »
  4. Respirez lentement en laissant chaque expiration faire de la place autour de la sensation — pas contre elle.
  5. Au bout d’une à deux minutes, décrivez-la de nouveau. A-t-elle changé de taille, de contour, d’intensité, même un peu ?

Le but n’est pas de la faire disparaître, mais de passer de « je suis submergé » à « j’observe quelque chose en moi ». Le mécanisme est expliqué dans sophrologie et anxiété et, pour l’inquiétude permanente, dans l’article sur l’anxiété généralisée. Pendant une crise, d’autres gestes sont plus adaptés : ils sont dans gérer une crise d’angoisse.

Mieux dormir et récupérer

3. Sommeil : le décompte des expirations

Position : allongé, sur le dos ou sur le côté, lumière éteinte. Durée : 5 à 10 minutes.

  1. Laissez la respiration trouver son rythme, sans la diriger.
  2. À chaque expiration, comptez mentalement à rebours, en partant de trente : « trente… vingt-neuf… vingt-huit… ».
  3. Avec chaque nombre, laissez le corps peser un peu plus dans le matelas et les paupières devenir lourdes.
  4. Si vous perdez le compte ou que vous vous surprenez à penser à demain, reprenez à trente, sans commentaire.
  5. Si vous arrivez à un, continuez simplement à sentir le souffle.

Le compte est volontairement monotone : il occupe le mental sans le stimuler. Trois autres exercices pour le coucher sont détaillés dans sophrologie et sommeil, ceux de la nuit dans l’article sur les réveils nocturnes, et le body scan propose une version conçue pour s’endormir.

4. Récupération : sentir le corps entier

Position : allongé sur le dos, bras un peu écartés, paumes vers le haut. Durée : 5 à 10 minutes, après un effort, une journée chargée ou un moment éprouvant.

  1. Laissez sortir trois longues expirations par la bouche.
  2. Au lieu de parcourir le corps morceau par morceau, percevez-le d’un seul bloc : sa silhouette, la place qu’il occupe, sa température d’ensemble.
  3. Repérez les traces de l’effort — chaleur, pulsations, lourdeur dans les jambes — sans chercher à les modifier.
  4. Laissez le cœur et le souffle ralentir d’eux-mêmes, en restant simplement présent à ce corps qui se repose.
  5. Pour revenir, étirez-vous, roulez sur le côté, et relevez-vous lentement.

On néglige souvent la récupération alors qu’elle prépare l’effort suivant. J’en parle pour les sportifs dans sophrologie et sport, et pour l’épuisement professionnel dans l’article sur le burn-out.

Relâcher le corps et retrouver de l’énergie

5. Tensions et douleurs : la nuque et les épaules en mouvement lent

Position : assis au bord d’une chaise, dos droit, mains sur les cuisses. Durée : 3 minutes.

  1. Inspirez, puis, en retenant l’air quelques secondes — ou en respirant librement si la rétention vous gêne —, tournez lentement la tête d’un côté à l’autre, dans une amplitude confortable. Soufflez, revenez au centre.
  2. Pause : les yeux fermés, observez la nuque, la mâchoire, le haut du dos.
  3. Inspirez en faisant rouler les épaules vers l’arrière, deux ou trois fois, puis relâchez-les d’un coup sur l’expiration.
  4. Nouvelle pause : sentez la chaleur ou les picotements qui s’installent dans les épaules et les bras.

Restez toujours sous le seuil de la douleur. Une douleur récente, inexpliquée, qui s’aggrave ou descend dans le bras se montre à un médecin avant tout exercice. Pour une douleur chronique suivie médicalement, la sophrologie travaille la couche de tension qui s’ajoute par-dessus : c’est ce que je décris dans sophrologie et endométriose.

6. Énergie du matin : le réveil du corps

Position : debout, pieds bien ancrés. Durée : 3 minutes, avant le café ou le téléphone.

  1. Mains ouvertes et souples, tapotez le corps : l’extérieur des bras en descendant, l’intérieur en remontant, les épaules, le haut de la poitrine, plus doucement le ventre, puis les jambes. Une minute environ.
  2. Arrêtez-vous, fermez les yeux : sentez les picotements, la circulation qui se réveille.
  3. Inspirez en levant lentement les bras vers le plafond, étirez-vous vers le haut, puis soufflez en les laissant redescendre. Trois fois.
  4. Terminez par cinq respirations où l’inspiration est un peu plus longue que l’expiration : c’est ce rapport qui dynamise, là où l’inverse apaise.

Si la tête tourne, asseyez-vous et respirez normalement. L’exercice se fait très bien dehors, à la lumière du jour, comme je le propose dans la sophrologie en plein air.

Se concentrer et prendre confiance

7. Concentration : l’objet neutre

Position : assis à votre table. Durée : 3 minutes, avant une tâche qui demande de l’attention.

  1. Choisissez un objet simple et sans enjeu : un stylo, une tasse, une feuille d’arbre.
  2. Observez-le une minute comme si vous le découvriez : sa forme, ses couleurs, ses reflets, les détails de sa surface. Chaque fois que l’attention part, ramenez-la à l’objet.
  3. Fermez les yeux et reconstituez-le mentalement, le plus précisément possible, pendant trente secondes.
  4. Rouvrez les yeux, comparez, remarquez ce qui vous avait échappé.
  5. Une expiration longue, et passez à votre tâche.

On n’entraîne pas l’attention en se reprochant d’être distrait, mais en revenant, encore et encore, vers un point précis. Pour les révisions, voyez préparer un examen.

8. Confiance : le rappel des trois réussites

Position : assis ou allongé, le soir. Durée : 3 à 5 minutes.

  1. Fermez les yeux, deux expirations lentes.
  2. Retrouvez trois moments de la journée où vous avez su faire quelque chose : une phrase juste, une tâche bouclée, une question osée. Les petites réussites comptent.
  3. Pour chacune, revoyez la scène une vingtaine de secondes, puis remarquez ce qui se passe dans le corps en y repensant : la poitrine, la posture, le souffle.
  4. Laissez cette sensation se poser sur une expiration, puis passez au moment suivant.

L’esprit retient spontanément ce qui a raté ; cet exercice rééquilibre l’attention, sans chercher à vous convaincre de quoi que ce soit. Trois exercices plus complets — souvenir ressource, posture, projection dans une situation à venir — sont détaillés dans sophrologie et confiance en soi, et leur application à l’oral dans la prise de parole en public.

Comment pratiquer les exercices de sophrologie pour que ça marche

La régularité avant la durée. Deux minutes chaque jour valent mieux que vingt minutes une fois par semaine. La sophrologie fonctionne comme un entraînement : le corps apprend un chemin vers le calme, et il le retrouve d’autant plus vite qu’il l’a parcouru souvent.

Un moment fixe. Accrochez l’exercice à une habitude existante : après le brossage de dents, en garant la voiture, en éteignant la lumière. Le rendez-vous compte plus que l’envie du jour.

À froid d’abord. Un exercice découvert en pleine tempête marche rarement : au moment du pic, seuls les automatismes remontent. Pratiquez quand tout va à peu près bien, pour qu’il soit disponible le jour où ça ne va pas.

Des attentes modestes. L’effet est discret : une mâchoire qui se desserre, un endormissement un peu plus rapide, un retour au calme plus court après une contrariété. Les premiers changements apparaissent souvent au bout de deux à trois semaines de pratique quotidienne. Si vous ne ressentez « rien » au début, c’est fréquent : la perception du corps s’affine avec le temps.

Ce qu’on apprend mieux en séance

Ces exercices se pratiquent seul, et c’est leur raison d’être. Mais trois choses passent mieux accompagné.

L’ajustement à votre situation. Un sommeil qui coince à l’endormissement ou à 4 h du matin, un stress qui se loge dans le ventre ou dans la nuque : les exercices ne sont pas les mêmes. Le premier temps d’échange sert à cibler.

La guidance par la voix. En séance, après la relaxation dynamique — ces mouvements doux associés à la respiration —, je vous guide dans une sophronisation. Vous n’avez plus à vous souvenir des consignes : toute votre attention est disponible pour ressentir, et cette expérience devient une référence pour la pratique chez vous.

Le temps de partage. Mettre des mots sur ce que vous avez vécu permet d’ajuster l’exercice suivant, et vous repartez avec une pratique courte, taillée pour vous. Un accompagnement compte le plus souvent six à dix séances ; la séance découverte dure 2 h (90 €), les suivantes 1 h (50 €), au cabinet de Prades-le-Lez ou en visio — tout est sur séances et tarifs.

Et pour les enfants ?

Les exercices de cette page s’adressent aux adultes et aux adolescents. Avec un enfant, la sophrologie se pratique en général dès qu’il peut suivre une consigne simple, avec des exercices plus courts et ludiques, et un parent présent au moins au premier rendez-vous. Des versions adaptées sont dans les exercices de sophrologie pour enfants, et le cadre de l’accompagnement sur la page enfants et adolescents.

Quand consulter d’abord

Ces exercices sont des outils de bien-être, pas des traitements. Parlez-en d’abord à votre médecin si :

  • une douleur est nouvelle, inexpliquée, s’aggrave ou s’accompagne d’autres symptômes ;
  • vos nuits sont mauvaises depuis plusieurs semaines et la fatigue pèse sur vos journées ;
  • l’anxiété déclenche des crises, ou vous fait éviter de plus en plus de situations ;
  • une tristesse s’installe, avec perte d’envie et d’énergie. Si des idées noires apparaissent, appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24.

La sophrologie peut ensuite s’ajouter au suivi, en accord avec le professionnel qui vous accompagne ; la différence entre les deux approches est expliquée dans sophrologue ou psychologue.

Vous ne savez pas quel exercice correspond à ce que vous traversez ? Le plus simple est d’en parler : je propose un premier échange gratuit de 15 minutes, sans engagement, pour faire le point et voir par où commencer.

Questions fréquentes

Par quel exercice de sophrologie commencer ?

Je conseille de partir de votre besoin le plus pressant et de ne garder qu’un seul exercice pendant deux ou trois semaines. Si vous hésitez, commencez par celui du stress : il est court, se pratique partout et sert de base à beaucoup d’autres.

Combien de temps par jour faut-il pratiquer ?

Cinq à dix minutes suffisent, à condition que ce soit tous les jours ou presque. Je préfère de loin deux minutes quotidiennes, accrochées à un moment fixe, à une longue séance le dimanche. C’est la répétition qui rend l’exercice disponible le jour où vous en avez besoin.

Peut-on apprendre la sophrologie seul, avec des exercices en ligne ?

On peut en découvrir une bonne partie seul, et ces exercices sont faits pour ça. Ce qui s’apprend mieux en séance, c’est l’ajustement à votre situation, la guidance par la voix pendant la sophronisation et le temps d’échange qui suit. Beaucoup de personnes commencent seules, puis viennent quelques séances pour aller plus loin.

Ces exercices conviennent-ils aux enfants ?

Pas tels quels. Avec un enfant, je raccourcis tout et je passe par le jeu et l’imaginaire ; j’ai regroupé des versions adaptées dans un article dédié aux exercices de sophrologie pour les enfants.

Envie d'aller plus loin ?

Un premier échange de 15 minutes, gratuit et sans engagement, pour voir si la sophrologie peut vous aider dans votre situation.